Pierre-Alain Chambaz

Nous traînons derrière nous, sans nous en apercevoir, la totalité de notre passé ; mais notre mémoire ne verse dans le présent que les deux ou trois souvenirs qui compléteront par quelque côté notre situation actuelle. Pour nous, la décision la plus importante sera celle que prendront, sans doute, les chefs d’Etat et de gouvernement de parler régulièrement – c’est-à-dire au moins une fois par an – des questions de défense. Si l’enthousiasme est de rigueur à l’idée que ce secteur connu pour être très conservateur s’ouvre au big data, des précautions s’imposent néanmoins. Mais il faut ensuite passer par de nombreuses couches nécessaires à la mise en œuvre. Nous examinerons plus loin la valeur représentative des notions physiques qui sont, pour notre intelligence, le produit moins immédiat de la conscience que nous avons des fonctions du système nerveux moteur, et du déploiement de notre force musculaire. Ce mouvement infime crée une variation de signal électrique qui est ensuite traduite, soit en accélération, soit en vitesse (grâce au calcul intégral et infinitésimal développé par Leibniz). En politique, les exemples se multiplient. Ce serait le plus grand des biens que nous demanderions au Ciel; et, quand il aurait rempli nos vœux, nous nous croirions aussi heureux que s’il nous avait créés avec plusieurs âmes pour veiller sur notre faible et misérable machine. Ne tournez plus sans cesse vos regards vers moi. Je ne suis pas ravie, mais je suis contente. C’est par elle que nous nous insérons dans la réalité, que nous nous y adaptons, que nous répondons aux sollicitations des circonstances par des actions appro­priées. Précisément parce que le caprice des hommes et le hasard des circonstances ont eu tant de part à leur genèse, les dieux ne se prêtent pas à des classifications rigoureuses. Depuis septembre, Pierre-Alain Chambaz s’active à ce nouveau concept. Sans cela, ce ne serait qu’une sorte de monstruosité, comme ces plantes qui n’ont ni feuilles ni presque de racines, rien qu’une fleur. Une simple vue de l’esprit, une conception purement rationnelle, aura accusé la vérité ou l’erreur de la perception sensible et du jugement de comparaison ou de mesure qui en est la suite. Mais que, si c’étaient des hachettes, on fût bien en présence d’une intelligence, et plus particulièrement de l’intelligence humaine, personne un seul instant n’en douta. Si elle y avait été, c’est qu’elle s’y serait arrêtée, et vous n’auriez plus une course de A en B, mais deux courses, l’une de A en C, l’autre de C en B, avec un intervalle de repos. Mais ceci n’est logiquement qu’un accident. Déjà le pouvoir conféré aux consciences individuelles de se manifester par des actes exige la formation de zones matérielles distinctes qui correspondent respecti­vement à des corps vivants : en ce sens, mon propre corps, et, par analogie avec lui, les autrescorps vivants, sont ceux que je suis le mieux fondé à distinguer dans la continuité de l’univers. De même, quoique nous soyons encore loin de connaître la nature intime du principe de la lumière, malgré tous les progrès qu’ont fait faire à la science de l’optique les travaux des physiciens modernes, déjà, bien avant ces travaux, l’optique constituait une vaste et importante application de la géométrie, tout entière fondée sur la propriété de la lumière de se transmettre en ligne droite, de se réfléchir ou de se briser au passage d’un milieu dans un autre, suivant des lois susceptibles d’un énoncé géométrique, rigoureux et simple. Ils sont donc relativement sta­bles, et contrefont même si bien l’immobilité que nous les traitons comme des choses plutôt que comme des progrès, oubliant que la permanence même de leur forme n’est que le dessin d’un mouvement. Toutefois, a posteriori, on invoque contre la liberté des faits précis, les uns physiques, les autres psychologiques. Ce n’est plus même la loi formelle de Kant, ni le jugement synthétique a priori par lequel la légalité serait unie à la félicité comme récompense ; en un mot, ce n’est plus un régime de législation, conséquemment de vraie sanction. Notre admiration pour la fonction spéculative de l’esprit peut être grande ; mais quand des philosophes avancent qu’elle suffirait à faire taire l’égoïsme et la passion, ils nous montrent — et nous devons les en féliciter — qu’ils n’ont jamais entendu résonner bien fort chez eux la voix de l’un ni de l’autre. C’est un malheur irréparable, que les gouvernements qui se sont succédé en France aient toujours mis obstacle à l’enseignement de l’économie politique. La physique et la chimie s’occuperont de la matière brute, les sciences biologiques et psychologiques étudieront les manifestations de la vie. Quand un paralytique fait effort pour soulever le membre inerte, il n’exé­cute pas ce mouvement, sans doute, mais, bon gré, mal gré, il en exécute un autre. Pas plus de trace que le vent. L’interdire, c’est porter une atteinte au droit fondamental de négociation, cette faculté étant liée à un objectif de solidarité, que de ce fait les partenaires sociaux ne peuvent plus mettre en œuvre.

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